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June 29, 2016

Lorraine (Puériculture)

Rennes 2

"Voyage dans l'hémisphère austral"

Woman, Sta. Christina par William Hodges, licence CC : BY. Source [David Rumsey Map Collection]
en feuilletant une édition ancienne

A la veille des grandes migrations estivales, nous vous présentons un ouvrage exceptionnel du fonds ancien de l'Université Rennes 2. Il s'agit d'un exemplaire du :

Voyage dans l'hémisphère austral, et autour du monde, fait sur les vaisseaux de roi l'Aventure et la Résolution, en 1772, 1773, 1774, & 1775. Ecrit par Jacques Cook, commandant de la Résolution ; dans lequel on a inséré la relation du captaine Furneaux, & celle de MM. Forster… Paris : Hôtel de Thou, 1778 (Cote Fonds ancien : 21035). L'ouvrage illustré de gravures sur cuivre contient aussi :

  • Vocabulaire de la langue des isles de la Société
  • Extrait de l'ouvrage, intitulé : Observations astronomiques... par M. Wales ... & M. Bayly ...
  • Discours sur les moyens employés dans ces derniers tems, & sur-tout dans la seconde expédition du captaine Cook, pour conserver la santé des gens de mer, prononcé à la Société royale de Londres, le 30 novembre 1776, par le chevalier Pringle, président

James Cook, né en 1728, n'était pas issu d'une famille de marin. Il était le fils d'un valet de ferme écossais placé en apprentissage chez un mercier. Ce n'est qu'un peu plus tard qu'il devint apprenti sur un navire marchand et commença à étudier la navigation et l'astronomie avant de s'engager, dix ans plus tard, dans la Marine royale.

Cook était un explorateur remarquable. C'était un aventurier courageux doublé d'un scientifique compétent et d'un meneur d'hommes. Il a laissé un héritage exceptionnel nourri de ses trois expéditions qui l'ont tenu 12 années sur les mers. Il se préoccupait de la santé des équipages en luttant contre le scorbut par une meilleure alimentation. Il partit pour faire des observations astronomiques, mais surtout, pour découvrir un légendaire « continent austral », objet de toutes les convoitises. Cette Terra Australis Incognita, aux températures clémentes, représentée sur les cartes marines comme un vaste continent autour du pôle sud était censée faire contrepoids aux terres de l'hémisphère nord.

L'ouvrage que nous présentons ici contient le journal de la deuxième expédition maritime de Cook. Elle fut menée dans l'océan austral, entre 1772 et 1775, avec les navires HMS [His Majesty's Ship] Resolution et le HMS Adventure. Pour tirer le meilleur parti de cette exploration à caractère scientifique, James Cook emmena avec lui le naturaliste Johann Reinhold Forster et son jeune fils Georges, l’astronome William Wales et le peintre William Hodges. Il s'aventura très au sud, à des latitudes jamais atteintes avant lui. En rentrant en Angleterre en 1775, Cook affirma qu'il ne pouvait y avoir de région au climat tempéré à ces latitudes. Après cette deuxième expédition, Cook ne put rester à terre. Le prétexte pour repartir était de ramener à Huahine (à 175 km au N-O de Bora-Bora), l'insulaire Omaï, qui l’avait accompagné en Angleterre. Après cette halte à Huahine, Cook poursuivit le voyage vers Hawaï et mourut sur la Grande île lors d'une bagarre entre les indigènes et les Britanniques en 1779.

by Dominique Bougé-Grandon at June 29, 2016 07:00 AM

Lorraine (Puériculture)

Rapport public « Développement du jeune enfant, modes d’accueil, formation des professionnels » 2016

 

 

 

 

 

A la demande du Ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des Femmes, la psychologue pour enfants Sylviane Giampino à rédigé un rapport qui analyse les modes d’accueil du jeune enfant en lien avec son développement pour l’améliorer.

 

Ce rapport a été remis en mai 2016.

 

Il est consultable sur le site de la Documentation française.

 

 

by ronin1 at June 29, 2016 06:52 AM

Le Journal des Professionnels de l’Enfance Juillet/Août 2016 n°101

 

 

Dossier : Comment émerge la culpabilité chez l’enfant ?

 

 

 

Egalement dans ce numéro :

  • « Communiquer » : Savoir parler aux enfants
  • « Développement » : Accompagner l »enfant face à ses peurs
  • « Grandir » : Tout se joue avant la mort…
  • « Recherche » : Les enfants sont-ils plus turbulents aujourd’hui ?
  • « Psychologie » : Crèche : quelle place pour le psychologue ?
  • « Handicap » : Accompagner un enfant en situation de handicap
  • « Pédagogie » : Quelles pédagogies pour répondre aux besoins affectifs des enfants ?
  • « Ecole maternelle » : Sous les papiers, la rage !
  • « Quiz : testez vos connaissance sur la petite enfance

Où trouver cette revue ?

Bibliothèque de Médecine, rez-de-chaussée, WS, empruntable 4 semaines

 

 

by ronin1 at June 29, 2016 06:36 AM

Poitiers (Sciences)

Nouveautés DVD BU Sciences campus

Vous trouverez en plus des livres et des revues, des DVD à la BU Sciences campus. Ils sont empruntables pour une période de 7 jours. Nous venons d’enrichir le fonds de 14 nouveaux DVD : Madagascar : [le monde perdu] / David Attenborough, comment., voix ; Sarah Class, comp..- Paris : Koba films ; [London] : …

Lire la Suite »

by Armelle Gauthier at June 29, 2016 06:30 AM

June 28, 2016

INHA

Paul Deschamps et la prospection aérienne aux Pays du Levant

Vue aérienne du Crac par Paul Deschamps. Archive 001,03,01,01. Ce billet est publié à l’occasion de l’ouverture des archives Paul Deschamps, conservées à la Bibliothèque de l’INHA. Ces archives ont été classées et inventoriées entre mars 2014 et septembre 2015, par Clément Moussé, chargé d’études et de recherche à l’INHA (2011-2015), sous la direction de Sébastien...

June 28, 2016 03:45 PM

Lorraine (Orthophonie)

Le développement du langage

Le développement du langage
Agnès Florin
« Après une présentation de l’évolution des théories concernant l’apprentissage du langage, cet ouvrage de synthèse décrit les différentes phases d’acquisition et de développement, en analysant les mécanismes en oeuvre. La deuxième édition de cet ouvrage, complètement réactualisée, traite d’un aspect fondamental du développement de l’enfant : le langage. Après une présentation de l’évolution des théories concernant l’apprentissage du langage, elle décrit les différentes phases d’acquisition et de développement, ainsi que les dysfonctionnements, en analysant les mécanismes mis en oeuvre. »

 

 

 

 

 

Sommaire de l’ouvrage (site Dunod)

 

Le développement du langage / Agnès Florin

 

 

Publications de Agnès Florin signalées dans ResearchGate

by pierre36 at June 28, 2016 01:10 PM

BIU Santé

Accès modifié au pôle Médecine (29-30/06)

Attention, l’accès au pôle Médecine de la BIU Santé sera modifié le mercredi 29 et le jeudi 30 juin 2016.

Toute la journée, l’accès à l’université se fera par le 85, boulevard Saint-Germain.

Si la porte est fermée, SONNEZ pour qu’on vous ouvre !

Les salles de lecture seront ouvertes comme à l’accoutumée, vous pourrez donc venir travailler au 12, rue de l’École-de-Médecine. La bibliothèque sera ouverte normalement de 9h à 20h.

Nous vous prions de nous excuser pour la gêne occasionnée.

Cet article Accès modifié au pôle Médecine (29-30/06) est apparu en premier sur Le blog actualités de la BIU Santé.

by biusante at June 28, 2016 09:05 AM

Lorraine (Développement Durable)

Le biogaz

biogaz-couvJean-Philippe Valla, ingénieur de formation et installé depuis 2009 comme maraîcher et éleveur de brebis vous propose de comprendre les processus permettant la production et l’utilisation du biogaz en microméthanisation.

 

Le biogaz se définit comme un gaz combustible issu de la fermentation de déchets organiques d’origine animale ou végétale en absence d’oxygène, qui est principalement composé de méthane et de gaz carbonique.

 

Produit à partir de déchets, le biogaz est une énergie qui peut être utilisée pour cuisiner, se chauffer, faire fonctionner un groupe électrogène ou faire rouler un véhicule. Avec ce manuel pratique, accessible à tous, apprenez comment mettre en place une installation biogaz à moindre coût. Il suffit pour cela de trouver de la matière organique et de posséder un minimum de surface pour l’installation.
L’auteur partage ses expériences et donne les clefs nécessaires pour auto-construire une installation produisant du biogaz et les techniques pour l’utiliser avec en particulier un épurateur de biogaz fonctionnel permettant son utilisation dans un véhicule équipé GNV. Un nouveau pas vers l’autonomie énergétique. !

 

 

Mots clés : agriculture, énergies vertes, environnement, méthanisation, techniques

 

 

Où trouver ce livre ?

Bibliothèque des Sciences et techniques. Rez de chaussée, cote 665.776 val

 

 

Sélection bibliographique

Les déchets. Collecte, traitement, tri, recyclage

Valorisation du biogaz : un marché jeune et attractif

Le biogaz : rapport de l’Académie des technologies

La méthanisation

Liens connexes

Ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer

ADEME

Francebiométhane

Une ferme expérimentale tournée vers l’autonomie grâce au méthaniseur

by prati5 at June 28, 2016 07:35 AM

Lille 3

Le Vase qui parle aux 10 ans du Musée du Quai Branly [audio]

Réécouter le « Speed dating » sur la wikiradio du CNRS.

Dans le cadre des 10 ans du Musée du Quai Branly, le CNRS a invité une vingtaine de chercheurs à présenter au public une image ou un son, et les recherches qui lui sont associées. « Le Vase qui parle » a participé à cet événement. L’intervention, de trente minutes, peut être réécoutée.

Les 25 et 26 juin 2016, le CNRS a fêté les dix ans du Musée du Quai Branly-Jacques Chirac en présentant une vingtaine de projets scientifiques lors d’un « speed dating » intitulé « Un chercheur/Un objet ». Dans ce cadre, Isabelle Westeel et Christophe Hugot ont répondu durant trente minutes aux questions de Mathieu Rouault et du public intrigués par Le Vase qui parle. Cet événement peut être réécouté en podcast sur la wikiradio du CNRS.

Wikiradio Saooti
Si le navigateur ne s’ouvre pas ci-dessus, écouter ici : wikiradio.cnrs.fr
vqp-branly-2 vqp-branly-1

vqp-branly-4

Conçu par l’Université Lille 3 et Devocité, porté par le Service commun de la documentation de Lille 3 avec le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication, dans le cadre de l’appel à projets 2012 « Services numériques culturels innovants », le « Vase qui parle » a également été lauréat désigné par Pictanovo de l’édition 2012 d’« Expériences Interactives ». Le projet a bénéficié du partenariat des laboratoires Halma (UMR 8164) et Geriico, le Learning Center ainsi que le Département des langues et cultures antiques de l’UFR « Humanités ». Partenaires extérieurs : le Palais des Beaux Arts de Lille, où est localisé l’objet original, le Conseil régional Nord-Pas de Calais et Pictanovo.
Voir l’ensemble des billets sur le « Vase » publiés sur Insula

by Christophe Hugot at June 28, 2016 06:04 AM

June 27, 2016

BIU Santé

Après 270 ans d’oubli, redécouverte de l’anatomie de Van Horne, trésor du 17e s.

253 dessins du Siècle d’or hollandais de Johannes Van Horne et Marten Sagemolen

van-horneEn 1656, à Amsterdam, Rembrandt peignait sa deuxième leçon d’anatomie. Au même moment, à Leyde, dans cette Hollande du Siècle d’or bouillonnant de nouveautés artistiques et scientifiques, le professeur d’anatomie Johannes Van Horne et le dessinateur Marten Sagemolen travaillaient à un grand atlas d’anatomie des muscles en couleur, sans équivalent à l’époque. Bien qu’elle soit restée inédite, la valeur de cette entreprise fut reconnue par des sommités de l’Europe savante. Puis ces dessins furent, étonnamment, perdus de vue au cours du XVIIIe siècle.

Quatre grands volumes, contenant 253 dessins, systématiquement réalisés et organisés en plusieurs séries et constituant une large partie de cet atlas d’anatomie, viennent d’être identifiés dans la collection de la BIU Santé.

La bibliothèque dévoile ainsi un nouveau trésor, avec lequel les historiens de la médecine et des sciences devront désormais compter, et qui devrait aussi exciter la curiosité des historiens de l’art.

IMG_6418-2A Myology by Johannes Van Horne and Marten Sagemolen: four books of original drawings dated from the Dutch Golden Age discovered at BIU Santé (Paris).
Identification, provenance, inventory.

In 1656 in Amsterdam, Rembrandt was painting his second lesson of Anatomy. At the same time, in Leiden, Johannes Van Horne, the renowned professor of Anatomy, and the painter Marten Sagemolen were working together at an unprecedented type of Anatomia. Despite the fact that the book remained unpublished, it was so innovative that the drawings almost instantly became famous among the European intelligentsia. But, strange as it may seem, they were totally forgotten during the eighteenth century and later on. Four large format sets of drawings for a total of 253 plates, organized in series – a large part of Van Horne and Sagemolen’s project – have just been identified in the BIU Santé collection. Today the library is enlightening a jewel and a milestone of significant interest to scholars in the History of Medicine, Sciences and Art.

L’identification a été effectuée grâce à Hans Buijs (Fondation Custodia, Paris) le vendredi 17 juin 2016. La lecture d’une phrase unique en marge d’un dessin daté de 1654 nous a donné le nom du dessinateur, mais aussi, de façon certaine, celle de son commanditaire, ainsi que d’importantes informations sur la constitution de la collection.

Signature de Marten Sagemolen datée de 1660 (Ms 29)Signature de Marten Sagemolen datée de 1660 (Ms 29) Le nom de Johannes Van Horne dans le Ms 29Le nom de Johannes Van Horne dans le Ms 29

Cette même phrase se trouve en effet dans les papiers du célèbre médecin Herman Boerhaave (1668-1738), un des anciens propriétaire de ces volumes. Or Tim Huisman, dans sa thèse de doctorat de 2008, The Finger of God, Anatomical Practice in 17th-Century Leiden (univ. de Leyde, 2008. p. 73 sq), a édité et documenté ces fragments. Après l’examen des quatre manuscrits sous cette nouvelle et vive lumière, aucun doute ne subsiste plus sur leur identité.

Petite myologie du bras et de l'épaule, datée de 1654 et signée par Marten Sagemolen (Ms 29)Petite myologie du bras et de l’épaule, datée de 1654 et signée par Marten Sagemolen (Ms 29)

Nous publions un article préliminaire qui démontre l’identité des documents, donne une partie de leur histoire, et fournit un inventaire des quatre volumes. Cet article est susceptible de modifications : on trouvera les éventuelles versions corrigées à partir du présent billet et à la même adresse.

Télécharger l’article : La myologie de Johannes Van Horne et Marten Sagemolen : quatre volumes de dessins d’anatomie du Siècle d’or retrouvés à la Bibliothèque interuniversitaire de santé (Paris), par Jean-François Vincent et Chloé Perrot (version 1, 27 juin 2016. Licence CC By-SA 4.0)

Nous publions également les numérisations de travail que nous avons effectuées (voir ci-dessous). Elles permettront aux chercheurs et aux curieux d’examiner sans délai des documents qui sont fragiles, par endroits très encrassés, et qui réclament des restaurations importantes.

Lien vers les numérisations dans Medic@ :
Numérisation de travail du Ms 28
Numérisation de travail du Ms 29
(La numérisation des Ms 27 et 30 sera fournie dès que possible.)

Myologie du torse vu de profil (Ms 29)Myologie du torse vu de profil (Ms 29)

La majeure partie de cet ensemble monumental est réalisée à l’échelle 1/2 : les vues de l’homme de la tête aux pieds mesurent 83 cm. Cette échelle tout à fait inhabituelle explique le format imposant des dessins.

Grande myologie du corps entier: vue de dos (Ms 30)Grande myologie du corps entier: vue de dos (Ms 30)

Il est remarquable que les auteurs ont représenté l’homme vivant appuyé sur une toise graduée : un indice de l’importance qu’ils attribuaient à l’exactitude de la mesure dans leur œuvre.

Grande myologie du corps entier: sujet vivant s'appuyant sur une toise graduée (Ms 30)Grande myologie du corps entier : sujet vivant s’appuyant sur une toise graduée (Ms 30; les blancs ont été altérés par le temps en un noir de suie)

La richesse de ces documents sort de l’ordinaire : l’originalité et l’ambition du projet dans son ensemble, l’organisation probablement native des volumes, l’abondance des dessins, la multiplicité des notes, les traces du travail technique du dessinateur, l’histoire des provenances, tout semble promettre des recherches particulièrement fructueuses.

ms28myolotorsebrasMyologie du torse et du bras avec volet mobile (Ms 28)

La myologie de Van Horne et Sagemolen a voisiné au moins depuis 1784 avec un autre ensemble d’anatomie hollandais du XVIIe siècle, les 106 dessins géniaux du peintre Gérard de Lairesse pour l’anatomie de Bidloo (1685), qui fut également professeur d’anatomie à Leyde. C’est cette collection célèbre qui a jeté une ombre épaisse sur la collection aujourd’hui remise au jour, et qui en a dissimulé l’intérêt depuis le troisième quart du XVIIIe siècle. La série des dessins originaux de Lairesse, qui, tout comme les dessins de Van Horne et Sagemolen, appartient à notre bibliothèque depuis mars 1796, est consultable en ligne dans notre bibliothèque numérique Medic@.

Myologie du dos (Ms 27)Myologie du dos (Ms 27)

Nous sommes par ailleurs en train de numériser depuis quelques mois les dessins qui se trouvent dans notre collection, travail qui est pour partie à l’origine de cette heureuse découverte. On peut déjà voir en ligne dans Medic@ les Dessins préparatoires pour le Traité complet de l’anatomie de l’Homme de J.-M. Bourgery, un autre important ensemble pour l’histoire de l’illustration d’anatomie.

Contacts

Ressources

La myologie de Johannes Van Horne et Marten Sagemolen : quatre volumes de dessins d’anatomie du Siècle d’or retrouvés à la Bibliothèque interuniversitaire de santé (Paris), par Jean-François Vincent et Chloé Perrot (version 1, 27 juin 2016. Licence CC By-SA 4.0) (PDF, 26 pages)

Lien vers les HD 300 DPI de quelques images (Licence ouverte ; mention de la source : « BIU Santé (Paris) ». – Fichier .zip. 98 Mo)

Myologie du corps entier (Ms 27) Myologie du corps entier (Ms 27) Myologie du torse (Ms 28) Myologie de la tête (Ms 28) Myologie du bras (Ms 28) Myologie du torse vu de face (Ms 29) Myologie des membres inférieurs avec colophon (Ms 29) Myologie des membres inférieurs (Ms 29) Myologie de la jambe (Ms 29)

Merci à Jean-Christophe Van Thienen, Professeur agrégé d’anglais, PRAG, université Lille 3, pour la traduction en anglais.

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by biusante at June 27, 2016 01:28 PM

Rennes 2

Après «Big Brother»…

L'homme nu par Marc Dugain et Christophe Labbé
«Big Data» selon Marc Dugain et Claude Labbé

Marc Dugain, romancier du fait politique contemporain, et Christophe Labbé, journaliste d’investigation, portent, dans un récent essai, L’homme nu, un regard critique et décapant sur les réseaux construits et menés par cet ensemble d’entreprises du net qu’on nomme «GAFA» (Google-Apple-Facebook-Amazon) tissant une toile planétaire enserrant, contrôlant et dominant vie publique et vie privée. D’autres penseurs et chercheurs avant eux, certes, ont fait des analyses très voisines mais il est utile et important de rappeler sans cesse le danger des dérives réelles, et potentielles, de la galaxie des réseaux qui nous conduisent à un monde «orwellien», une «dictature invisible du numérique» - sous-titre de l’ouvrage - d’autant plus insidieuse et redoutable que les internautes la bâtissent eux-mêmes, sans contraintes extérieures. «Les internautes [sont] producteurs bénévoles de données [et] heureux de l’être…». Nos smartphones et nos ordinateurs nous «tracent» à tout moment, ils produisent des milliards de données : à chaque minute sont échangés 300 000 tweets, 15 millions de SMS, 204 millions de mails, et 2 millions de mots-clés sont tapés sur Google. Facebook, et son milliard et demi d’utilisateurs, dévoile notre vie privée. Ces données sont «le greffier de notre vie et son employeur s’appelle Google ou Apple». Tout est connecté désormais, jusqu’aux objets du quotidien, téléphones portables, montres, réfrigérateurs, appareils de mesure médicale, livres électroniques, automobiles, et même vêtements, qui vont amplifier la collecte de données à l’infini. Toute cette masse d’informations est croisée, analysée, exploitée pour constituer un vaste ensemble de données, le Big Data, exploitée ensuite par des entreprises industrielles et commerciales, mais aussi par des organismes d’Etat chargés de la surveillance et du contre-espionnage. La tragédie du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis a, sur ce terrain, ouvert la voie, en effet, à une nouvelle forme de chasse aux terroristes passant par l’entente entre les GAFA, la CIA et la NSA. Eric Schmidt, PDG de Google à l’époque, disait avec autant de franchise que de cynisme : «Il sera de plus en plus difficile pour nous de garantir la vie privée. La raison est que dans un monde de menaces asymétriques, le vrai anonymat est dangereux».

Grâce à la collaboration des grands groupes des réseaux informatiques se développe ainsi un impérialisme inédit des Etats, non plus sur des territoires mais sur le comportement et la vie quotidienne des individus. Il est à noter, dans cette logique, que les acteurs de la sphère politique font de plus en plus appel, eux-mêmes, aux acteurs de la sphère informatique pour étoffer les équipes gouvernementales. Eric Schmidt fut ainsi approché par Obama pour être secrétaire d’Etat au Commerce. Mais, précisément, là est le danger : pourquoi ces géants de l’information et du renseignement formant le bloc économique le plus riche et le plus influent de la planète, choyés par les politiques, ne viseraient pas tout bonnement à prendre leur place ? «Le pari de la Silicon Valley est celui de la gouvernance par les données. S’affranchir du débat politique dans un souci de performance, et remplacer les lois par des règles algorithmiques. […] Les big data destituent les politiques. Un coup d’Etat invisible […] vise à vider la démocratie de sa substance. […] Ne restent que le décorum des institutions et le rendez-vous sacralisé des élections».

Quant à la toute puissante économie globalisée qui libéralise, dérégule et prône, selon Jean Sévillia, «une idéologie conçue à l’image des Etats-Unis, une société marchande, transparente, mobile, sans racines, sans frontières, où l’argent est roi et l’Etat lointain» (Le terrorisme intellectuel, Perrin, 2000), elle est en parfaite adéquation avec la philosophie libertarienne des réseaux.

Peut-être plus inquiétants encore sont ces projets d’Apple et de Google de faire de nous tous, devenus «êtres numériques», une nouvelle humanité, une «humanité augmentée» : la machine détectera nos futures pathologies physiques et mentales, renforcera notre résistance à la fatigue, allongera très sensiblement notre durée de vie et, corollairement, notre activité quotidienne qui couvrira désormais vingt-quatre heures d’horloge, sans pause nocturne ni perte de temps pour les collecteurs de données ! Quant à notre matière grise, elle sera connectée à des microprocesseurs qui nous donneront accès à l’ensemble des connaissances et informations du monde, pas moins ! La science-fiction devient alors science tout court. S’y consacrent actuellement, et très sérieusement, les chercheurs de la Silicon Valley, particulièrement Ray Kurzweil, directeur de l’ingénierie chez Google, adepte d’une nouvelle philosophie, le transhumanisme, convergence des nanotechnologies, de la biologie, de l'informatique, des sciences du cerveau et de l’intelligence artificielle.

Selon l’astrophysicien Stephen Hawking, l’obsession des big data à vouloir gérer une machine pensante pourrait «sonner le glas de l’humanité». Le philosophe américain Francis Fukuyama annonçait au début du XXIè siècle que «d’ici les deux prochaines générations, la biotechnologie nous donnera les outils qui nous permettront d’accomplir ce que les spécialistes d’ingénierie sociale n’ont pas réussi à faire. A ce stade, nous en aurons définitivement terminé avec l’histoire humaine parce que nous aurons aboli les êtres humains en tant que tels. Alors commencera une nouvelle histoire, au-delà de l’humain » (La fin de l’homme, les conséquences de la révolution biotechnique, La Table Ronde, 2002).

Nous sommes peut-être à l’aube d’une humanité où les robots et l’intelligence artificielle, réglés par des élites scientifiques et économiques, auront «un pouvoir absolu sur le reste de l’humanité». L’enjeu est colossal ! Si nous ne voulons pas vivre «nus» désormais, privés de notre vraie sensibilité, de nos intuitions, de notre vraie liberté de pensée et d’action dans le monde binaire des 0 et des 1, il faudra se résoudre à rester dans une forme de marginalisation, car «résister va devenir de plus en plus compliqué […] pour recréer une société démocratique où l’on reprend le dessus sur l’ordinateur» concluent Claude Labbé et Marc Dugain dans cet essai à la fois passionnant et… glaçant.

A voir : une interview des deux auteurs dans l’émission «On n’est pas couché» sur France 2

A lire, par tous les auteurs cités dans ce livre, des ouvrages (présents à la BU) de : Cédric Biagini, Eric Sadin, Sherry Turkle, Evgueny Morozov, Fred Turner, Patricia Greenfield, Céline Lafontaine, Jonathan Crary, Ariel Kyrou, Francis Fukuyama, Martin Untersinger, Nicholas Carr

Bonne lecture !

by Jacques Brelivet at June 27, 2016 07:00 AM

June 25, 2016

ULCO

Ubib fait peau neuve !

Attention !

Votre site de questions-réponses avec les bibliothécaires, Ubib.fr, ferme ses portes ce lundi 27 juin jusqu’au 18 septembre inclus. En effet, le site va subir quelques modifications et un changement de logiciel pour être encore plus performant et plus attractif à la rentrée.

En attendant, vous pouvez poser vos questions par téléphone dans votre bibliothèque habituelle, jusqu’au 22 juillet  :

Boulogne : 03 21 99 41 30                                       Calais : 03 21 46 36 80

Dunkerque : 03 28 23 74 74                                    Saint Omer : 03 21 38 87 82

En nous excusant pour ce désagrément, toute l’équipe Ubib.fr vous souhaite de très bonnes vacances et rendez-vous le 19 septembre !ubib maintenance-1

by Virginie DELRUE at June 25, 2016 07:00 AM

June 24, 2016

BIU Santé

Société d’histoire de la pharmacie : séance du 8/6

Le mercredi 8 juin 2016, se tenait une séance de la Société d’Histoire de la Pharmacie, présidée par le professeur Olivier Lafont, dans la salle des Actes de la faculté de pharmacie de Paris (4, avenue de l’Observatoire). Au cours de cette réunion, cinq intervenants ont pris la parole :

Salle des Actes (4, avenue de l'Observatoire)Salle des Actes (4, avenue de l’Observatoire)
  • Alain LEGRAND, membre de la SHP : Michel Eugène Chevreul (1786-1889) : un chimiste aimé des peintres.
  • Florence SIROT, lauréate du prix Maurice Bouvet et Henri Bonnemain doté par la Société d’Histoire de la Pharmacie, en 2015 : Fonction, lieu et produits officinaux dans les dictionnaires de langue française.
  • Josette FOURNIER, membre de la SHP : Charles Davila (1828-1884), une jeunesse en France.
  • Quentin GRAVIER, doctorant à la Faculté de pharmacie de l’université de Rouen : Échange de lettres autour des Médicaments du Roy.
  • Olivier LAFONT, président de la SHP : Ce que Pomet pensait de Lémery révélé par le projet d’édition de 1699 de son Histoire des drogues.

Michel Eugène Chevreul (1786-1889) : un chimiste aimé des peintres, par Alain Legrand

La séance débuta avec la conférence d’Alain Legrand sur l’un des pères de la chimie organique ou plutôt, comme ce dernier aimait lui-même se qualifier, sur un « chimiste-philosophe ».

Statue de Chevreul (Jardin des plantes, Paris) Source : Medic@Statue de Chevreul (Jardin des plantes, Paris). Source : Medic@

Michel Eugène Chevreul (1786-1889) est né à Angers, dans une famille de chirurgiens. Au cours de sa vie, il connut quatre règnes, deux Empires, quatre Révolutions et trois Républiques ! Il fut élève de Louis-Nicolas Vauquelin (1763-1829) au Muséum d’Histoire naturelle, en 1803 ; puis préparateur bénévole, en 1804 ; professeur de chimie au Lycée Charlemagne, en 1813 ; directeur des teintures à la manufacture des Gobelins, de 1824 à 1883 ; professeur de chimie organique au Muséum d’Histoire naturelle, à la suite du décès de Louis-Nicolas Vauquelin, en 1830 ; et enfin, directeur du Muséum d’Histoire naturelle, jusqu’en 1879. À partir de 1879, alors qu’il avait atteint l’âge de 93 ans, il resta directeur honoraire du Muséum et continua à habiter dans la maison du Muséum, jusqu’à sa mort en 1889. Il fut membre de diverses académies, dont celle des sciences, à partir de 1826. Son centenaire fut célébré en grandes pompes. Une statue a été érigée en son honneur au Jardin des Plantes, à Paris.

Ce grand savant laissa derrière lui d’importants travaux. Il est surtout connu pour ses recherches sur les corps gras (Étude sur les corps gras, 1813-1823, médaille Copley 1857), mais ses travaux sur la perception des couleurs sont aussi remarquables. À la fin de sa vie, il se captiva pour les procédés photographiques et la construction de la tour Eiffel.

Cercle chromatique de ChevreulCercle chromatique de Chevreul. Source : Medic@

En tant que directeur de la manufacture des Gobelins, Michel-Eugène Chevreul a effectué des recherches sur la stabilité des teintures, la classification et la perception des couleurs, la découverte du contraste simultané et la fabrication des colorants. En effet, les teinturiers n’obtenaient pas les couleurs attendues. Il a découvert que ce n’était pas un problème chimique, mais un problème optique. Les couleurs sont influencées par leur environnement.

« Des couleurs juxtaposées s’influent réciproquement d’une certaine manière » (Michel-Eugène Chevreul)

Ses recherches dans ce domaine inspirent les artistes impressionnistes comme Eugène Delacroix (1798-1863) qui entretient une correspondance avec lui ; Georges Seurat (1859-1891), pionnier du pointillisme ; Paul Signac (1863-1935) ; et Vincent Van Gogh (1853-1890).

Fonction, lieu et produits officinaux dans les dictionnaires de langue française, par Florence Sirot

Florence Sirot, diplômée en pharmacie, a présenté sa thèse de doctorat intitulée Fonction, lieu et produits officinaux dans les dictionnaires de langue française, soutenue à l’université Claude Bernard – Lyon 1, en 2014, et pour laquelle elle a reçu le prix Maurice Bouvet et Henri Bonnemain décerné par la Société d’Histoire de la Pharmacie.

Dictionnaire de la langue françoise, ancienne et moderne (1732), de Pierre Richelet. Source : GallicaDictionnaire de la langue françoise, ancienne et moderne (1732), de Pierre Richelet. Source : Gallica

En effectuant une recherche méthodique dans les dictionnaires de langue française des différents termes pharmaceutiques attachés à l’officine, la chercheuse a remarqué une évolution du sens de la fonction de l’apothicaire/pharmacien, du lieu officine/pharmacie et des produits officinaux, à travers les époques.

Dans une partie de son étude, elle a évoqué les femmes et leur place dans l’apothicairerie. La formation d’apothicaire était réservée aux hommes, mais on note la présence de « femmes-apothicaires » dans les dictionnaires et dans les archives, comme l’épouse de l’apothicaire par exemple. Effectivement, la veuve pouvait exercer à l’officine, avec un apprenti. Les religieuses étaient également autorisées à exercer l’apothicairerie dans les hôpitaux de charité.

Intérieur d'une apothicairerie au XVIIe siècle. Source : Medic@Intérieur d’une apothicairerie au XVIIe siècle. Source : Medic@

Charles Davila (1828-1884) : une jeunesse en France, par Josette Fournier

Josette Fournier, membre de la SHP, a présenté Charles Davila, grand médecin franco-roumain et organisateur du service de santé de l’armée roumaine, fondateur du premier orphelinat en Roumanie.

Célébration du centenaire de Charles Davila (1786-1889). Source : La Presse MédicaleCélébration du centenaire de Charles Davila (1786-1889). Source : La Presse Médicale

Les sources françaises sont rares à son sujet. Cependant, une partie de sa correspondance a été publiée par sa fille, comme les lettres qu’il échangea avec la comtesse Marie d’Argoult, alias Daniel Stern sous son nom de plume. Il existe quelques traces biographiques dans les archives, notamment dans les documents relatifs à la faculté d’Angers.

Certaines sources administratives disent de Charles Davila qu’il est « réfugié espagnol » ou originaire de Parme. Il fut accueilli à Nantes par le docteur Ange Guépin (1805-1873) qui devint son tuteur. Puis, il étudia à l’École mixte de Médecine et de Pharmacie à Angers en 1847, auprès de Grégoire Bordillon (1803-1867). Il était aide-prosecteur ; c’est-à-dire chargé de seconder la personne qui préparait les dissections dans les cours d’anatomie. Il a soutenu deux thèses en médecine. Les sources mentionnent sa présence et l’aide qu’il apporta à l’équipe de secours lors de la catastrophe du pont suspendu à Angers, en 1850.

À partir de 1853, Charles Davila partit pour Bucarest, où il fut nommé médecin en chef de l’hôpital, puis médecin en chef de l’armée. Il participa à la fondation de l’École nationale de Médecine et de Pharmacie et du Jardin botanique de Bucarest. Proche des pouvoirs successifs, il était membre de la franc-maçonnerie roumaine. Il fonda le service de santé militaire et civil de Roumanie pour la médecine et la pharmacie. En 1860, il rédigea la première Pharmacopée roumaine. Peu de traces subsistent de son parcours en France, alors qu’il fut considéré comme un héros en Roumanie.

Échange de lettres autour des Médicaments du Roy, par Quentin Gravier

Quentin Gravier, étudiant en doctorat à la faculté de pharmacie de Rouen, présenta sa thèse intitulée La distribution des remèdes du Roy dans la Généralité de Rouen, de 1750 à 1789 : organisation du système et évaluation de l’efficacité de ce réseau de soins, et dirigée par Olivier Lafont.

Apothicairerie au XVIIIe siècle. Frontispice. Source : Medic@Apothicairerie au XVIIIe siècle. Frontispice. Source : Medic@

La Généralité de Rouen a été créée en 1542. Elle fut divisée en 22 subdélégations. Les subdélégués étaient les intermédiaires de l’intendant auprès de la circonscription.

Les sources utilisées par Quentin Gravier sont de deux types : la correspondance (lettres échangées entre les distributeurs, l’intendant et le pouvoir royal) et les tableaux de distribution.

Que sont les Remèdes du Roy ? Cette expression désignait une distribution gratuite de médicaments à destination des campagnes et des pauvres. Les premiers envois sont effectués en 1706. Un arrêt du Conseil du roy de 1721 instaurait une distribution systématique et annuelle dans les généralités. Ces Remèdes étaient envoyés sous forme de boîtes, prévues pour être divisées. Chaque année, une grande boîte et des petites boîtes étaient données aux intendants pour leurs généralités. La grande boîte est conservée par l’intendant en prévision d’épidémies et les petites boîtes sont distribuées dans les subdélégations. Leur chiffre a varié au cours de la période 1750-1789 : de 12 à 24, puis à 72. Leur contenu a également évolué. En effet, elles contenaient douze remèdes différents, et progressivement les sources montrent une forme de rationalisation du contenu. Ce dernier évoluait aussi grâce à l’avis donné par les distributeurs.

Qui sont les distributeurs ? Au début de la période, ces derniers étaient nommés par les subdélégués. Puis, ce fut l’intendant qui les choisissait parmi les propositions donnés par les subdélégués. Il existait trois profils-type de distributeurs : les curés, les sœurs de charité et les laïcs (personnes charitables et chirurgiens). Cependant, ils travaillaient rarement seuls et s’entraidaient.

L’avis qu’ils donnèrent sur les Remèdes du Roy fut généralement très positif. Dans les correspondances, ils faisaient remarquer des difficultés pour la posologie, pour la conservation et pour le manque de formation. Des mémoires instructifs étaient remis avec les remèdes, mais les boîtes furent de moins en moins nombreuses à mesure que s’accrurent les demandes à la fin de la période.

L’étude de ces Remèdes permet également à l’historien de la pharmacie de porter un regard sur la vie à la campagne au XVIIIe siècle, sur la disette de la fin de l’Ancien Régime et sur l’agitation qui progresse dans les villes jusqu’en 1789.

Le médecin, le chirurgien et l'apothicaire au XVIIIe siècle. Source : Medic@Le médecin, le chirurgien et l’apothicaire au XVIIIe siècle. Source : Medic@

Ce que Pomet pensait de Lémery, révélé par le projet d’édition de 1699 de son Histoire des drogues, par Olivier Lafont

Pour conclure la séance, Olivier Lafont a présenté un exemplaire unique de l’Histoire des drogues de Pierre Pomet (1658-1699), apothicaire, acquis par la Bibliothèque interuniversitaire de Santé, grâce à la générosité de la Société des amis de la bibliothèque. Vous pouvez lire notre billet de blog de 2014 consacré à ce sujet !

Pierre Pomet (1658-1699). Frontispice. Source : Medic@Pierre Pomet (1658-1699). Frontispice. Source : Medic@

Pierre Pomet a publié la première édition de son Histoire des drogues en 1694. Elle était imprimée au format in-folio et richement illustrée.

En 1698, Nicolas Lémery (1645-1715), apothicaire et chimiste, publiait quant à lui le Traité universel des drogues simples au format in-quarto, composé de vignettes et qui restitue les descriptions de Pierre Pomet en s’inspirant grandement des gravures de l’Histoire des drogues.

L’année suivante, l’ouvrage de Nicolas Lémery remportait plus de succès que l’édition de Pierre Pomet, puisqu’il coûtait moins cher. Ce dernier décida d’éditer une nouvelle Histoire des drogues au format in-octavo en actualisant son édition de 1694 et en conservant les illustrations qui avaient fait la réputation de son ouvrage. Cependant, l’édition de 1699 ne verra jamais le jour, car Pierre Pomet meurt le 16 novembre de cette même année. Son fils édita une nouvelle édition, mais sans les notes de son père.

L’histoire se serait terminée ici si un exemplaire unique, conservé à la BIU Santé, n’avait pas été découvert. En effet, dans une édition de l’Histoire des drogues de 1698, Pierre Pomet avait inséré des pages manuscrites, corrections en vue de l’édition de 1699.

Ces notes uniques de la main de Pierre Pomet renseignent, entre autres, sur l’opinion qu’avait l’auteur de Nicolas Lémery et de son édition du Traité universel des drogues simples (1698). Ce sont des révélations étonnantes et inattendues. Pierre Pomet est rageur et critique sur l’édition de Lémery, n’hésitant pas à remarquer ses moindres erreurs : des propos que Lémery n’a, semble-t-il, jamais connus.

Pour en savoir plus…

Michel-Eugène Chevreul (1786-1889) et la couleur

BERTHELOT, Marcelin. Notice historique sur la vie et les travaux de M. Chevreul. Paris : Institut de France, 1902

CHEVREUL, Michel-Eugène. De la loi du contraste simultané des couleurs. Paris : chez Pitois-Levrault et Cie, 1839

VOLF, Elie. Michel-Eugène Chevreul (1786-1889) : un savant, doyen des étudiants de France. Des corps gras et de la chandelle à la perception des couleurs. Paris : L’Harmattan, 2013

« Le savant, en sortant de sa section, s’exposera toujours au ridicule qu’on lui prêtera, de préférer des productions chimériques, dira-t-on, aux travaux spéciaux qui lui ont valu le titre de savant » (Michel-Eugène Chevreul)

Fonction, lieu et produits officinaux dans les dictionnaires de langue française

SIROT, Florence. Fonction, lieu et produits officinaux à travers les dictionnaires de la langue française. Lyon : Université Claude Bernard – Lyon 1, 2014

Charles Davila (1828-1884)

PERTICARI-DAVILA, Hélène. Le Général Dr. Carol Davila : sa vie et son œuvre d’après sa correspondance. Bucarest : Ateliers graphiques « Cultura Nationala », 1930

Les Remèdes du Roy dans la généralité de Rouen

GRAVIER, Quentin. La distribution des remèdes du Roi dans la Généralité de Rouen de 1750 à 1789 : organisation du système et évaluation de l’efficacité de ce réseau de soins. Rouen : université de Rouen, 2016

Le projet d’édition de Pierre Pomet et ce qu’il nous révèle de son opinion sur Nicolas Lémery

LÉMERY, Nicolas. Traité universel des drogues simples, mises en ordre alphabétique. Où l’on trouve leurs differens noms, leur origine, leur choix, les principes qu’elles renferment, leurs qualitez, leur ethymologie, & tout ce qu’il y a de particulier dans les Animaux, les Vegetaux & dans les MinerauxParis : chez Laurent d’Houry, 1698

POMET, Pierre. Traité général des drogues, où il est parlé des plantes, des animaux, des minéraux, ou de leurs parties, & généralement de toutes les marchandises simples, ou composées, que les marchands droguistes & espiciers doivent ordinairement avoir & peuvent vendre dans leurs boutiques & magazins. Paris : 1698-1699

Sidonie Vicet

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by Sidonie Vicet at June 24, 2016 10:00 AM

Lorraine (Développement Durable)

Changement climatique et cycle de l’eau : impacts, adaptation, législation et avancées scientifiques

changement-climatique-et-cycle-de-l-eauIsabelle La Jeunesse, docteur en géographie de l’environnement  et Philippe Quevauviller, docteur en chimie et en océanographie font une synthèse des avancées en matière d’études des conséquences du changement climatique sur le cycle de l’eau. L’accent est mis sur la gestion intégrée des ressources en eau et les aspects réglementaires qui lui sont liés.

 

L’eau est un bien précieux dont la préservation devient une priorité absolue et la gestion de la ressource en eau fait face à un défi majeur : la capacité à s’adapter à l’excès comme à la pénurie. L’évaluation des impacts du changement climatique sur le cycle de l’eau, aux échelles globale, nationale et locale, est donc primordiale et implique de poursuivre les efforts développés pour mettre en place des systèmes de prévision ainsi que des méthodes efficaces de gestion et d’adaptation.

 

Mots clés : Politique publique, Pollution de l’eau, Approvisionnement en eau, Changement climatique, Gestion de l’eau

 

 

Où trouver ce livre ?

Bibliothèque des Sciences et techniques. 2e étage, 551.48 LAJ

 

 

Sélection bibliographique

L’eau dans la ville : une amie qui nous fait la guerre

Allons-nous manquer d’eau ?

De l’eau agricole à l’eau environnementale

La gestion durable de l’eau – Ressource, qualité, organisation

Le XXIe siècle, le siècle de l’eau ?

 

 

 

Liens connexes

Les agences de l’eau et la politique de l’eau : une cohérence à retrouver

Centre d’information sur l’eau

Eau France

 

by prati5 at June 24, 2016 07:16 AM

Rennes 2

Louis VI

Louis VI le Gros par BNF. Source [Wikimedia commons]
le Gros

Louis VI est né le 1er décembre 1081. Il était surnommé "le Gros" car il avait, comme son père Philippe 1er, une tendance à l'obésité. A l'époque, l'embonpoint n'était pas dévalorisant et était plutôt considéré comme une grâce divine. Suger de Saint-Denis, homme d’Église et conseiller du roi, en fit le portrait suivant : "Agréable, aimable et bienveillant, au point que certaines gens le tenaient pour simple d'esprit, illustre et courageux défenseur du domaine paternel, il pourvoyait aux intérêts des églises [...] veillait au repos du clergé, des travailleurs et des pauvres."

Louis fut sacré roi le 3 août 1108. Il reçut l'onction "très sainte" de la main de Daimbert, l'archevêque de Sens. L’archevêque de Reims, Raoul le Vert, envoya des messagers pour contester la validité du sacre, mais il était trop tard.

Dans ses jeunes années, Louis VI était un roi guerrier. Il entreprit des opérations de police militaire destinées à nettoyer le royaume. Il s'agissait de mettre au pas les innombrables seigneurs de l’Île-de-France leur rappelant leurs devoirs de vassaux vis-à-vis du roi. Le peuple était satisfait de cette action, car elle mettait fin à une époque anarchique durant laquelle les querelles entre petits seigneurs entretenaient un climat permanent de violence.

Par ailleurs, il choisit pour fonctionnaires des petites gens fiables et qu'il changeait souvent de place. A sa suite, les souverains de France s'entoureront de roturiers bons comptables et bons légistes. Très religieux, il s'appuyait sur l’Église que sa tradition, invinciblement romaine, portait vers la monarchie, c'est-à-dire vers l'unité.

Le 20 août 1119 eut lieu la bataille de Brémule. Elle opposait les troupes de Henri 1er d’Angleterre à celles de Louis VI. Au cours de cette bataille sanglante, Louis VI malgré sa surcharge pondérale, allait au contact des chevaliers adverses et au moment où un Normand saisissait la bride de son cheval en s'écriant : "Le roi est pris", celui-ci l'abattit d'un coup de masse d'armes en répliquant : "On ne prend pas le roi, ni à la guerre, ni au échecs !"

Quasiment impotent les deux dernières années de son règne, Louis VI décéda des suites d'une dysenterie le 1er août 1137. Il légua à son fils un royaume renforcé.

by Eddy Prave at June 24, 2016 07:00 AM

June 23, 2016

BIU Santé

Coûts des abonnements : l’exemple finlandais

flag-of-finland-123273_960_720La nouvelle est passée relativement inaperçue, notamment en France : pour la première fois, un pays entier, la Finlande, a rendu public le montant des abonnements payés aux éditeurs scientifiques.

Cette divulgation inédite résulte d’une initiative menée notamment par Open Knowledge Finland (OKFFI) et rOpenGov.

Les données concernent la période 2010-2015, avec les montrants réglés par les universités et institutions de recherche à 244 éditeurs – soit environ 22  millions d’euros par an. Les jeux de données sont téléchargeables et exploitables sous licence Creative Commons. Concrètement, ces chiffres sont difficilement exploitables en l’état, les coûts n’étant pas présentés de manière détaillée et uniforme suivant les établissements.

Une première analyse de ces données a été publiée par le site de rOpenGov (en anglais).

couts-finlandeUne telle initiative s’inscrit dans le cadre de l’Open Science et de l’Open Data, comme préconisé dans le plan d’action d’Amsterdam sur l’innovation en matière de science ouverte, dévoilé en avril dernier (cf. également le projet européen H2020). Questions également inscrites dans la nouvelle loi numérique, actuellement en cours de discussion en France (voir notre billet de septembre 2015 pour ses implications sur les articles scientifiques et les données de la recherche).

C’est une question cruciale dans une période où les bibliothèques connaissent des difficultés grandissantes pour s’abonner aux revues nécessaires à leurs lecteurs. Les prix des abonnements ne cessent d’augmenter (10% par an en moyenne pour 2010-2015 en Finlande), tandis que les budgets des bibliothèques stagnent ou diminuent.

Un site Web répertorie les informations partielles sur ces coûts qui étaient déjà disponibles pour différents pays (dont la France). Mais l’accès à ces données demeure difficile – comme le prouve cet exemple suisse d’un simple citoyen qui tente d’obtenir par voie de justice la communication de ces montants. Autant d’informations qui relèvent des politiques des consortia et des États qui négocient avec les vendeurs.

Un article au nom évocateur (en anglais), Opening the Black Box of Scholarly Communication Funding, milite pour la divulgation publique des sommes payées aux éditeurs.

Le développement de l’Open Access pourrait être l’une des solutions à cette problématique centrale pour la recherche. En Finlande, 18% des articles auraient été publiés en Open Access pour l’année 2014. La transition globale vers ce modèle pour ce pays étant estimée à 17 millions d’euros (à comparer aux 22 millions payés chaque année aux éditeurs).

Pourquoi un tel silence en France ?

En savoir plus

L’annonce officielle finlandaise avec le lien vers les données (en anglais)

Une première analyse de ces données par le site rOpenGov (en anglais)

Annonce (en français) sur le site Libre accès à l’information scientifique et technique

Interpellation citoyenne au Consortium des bibliothèques et BIS – billet du blog Publication scientifique, par Sylvie Vullioud (dont les prises de position ont largement inspiré notre texte)

Pour mémoire, la majorité des articles scientifiques dans le monde sont publiés par 5 maisons d’édition, présentant des marges annuelles de 30 à 40%. Se reporter aux Résultats financiers 2015 de l’édition scientifique, publiés par l’Eprist.

 

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by biusante at June 23, 2016 11:55 AM

Lorraine (KinErgo)

Physiothérapie des œdèmes : de la clinique à la pratique

Physiotherapie oedemesPrésentation de l’éditeur

La prise en charge des œdèmes par le masseur-kinésithérapeute est un acte courant de la rééducation vasculaire, en ville ou en hôpital. Post-traumatiques, post-chirurgicaux, veineux ou lymphatiques, ils font l’objet chacun d’une prise en charge spécifique. Outil indispensable à votre pratique quotidienne, cet ouvrage didactique comporte les bases physiologiques et physiopathologiques, avec des rappels anatomiques et l’ensemble des techniques à connaître.

 

Y sont décrits ensuite les principaux cas d’œdèmes et les choix de thérapeutiques à mettre en œuvre. La démarche est clinique, avec, pour chaque œdème : le bilan ; les stratégies possibles ; les techniques de prise en charge ; les conduites à tenir. Une partie est consacrée à l’éducation thérapeutique. Les propositions thérapeutiques sont étayées par les résultats des travaux cliniques et les recommandations des sociétés savantes.

 

20 fiches cliniques sont présentées, qui sont autant d’approches distinctes. Illustré par plus de 150 photographies et dessins en couleurs, cet ouvrage collectif est le fruit du travail d’un ensemble de chercheurs reconnus : kinésithérapeutes, chirurgiens, angiologues, dermatologues, cancérologues…

 

Feuilleter le sommaire, grâce au site Unithèque.

 

Physiothérapie des œdèmes : de la clinique à la pratique / Jean-Claude Ferrandez, Jean-Yves Bouchet, Serge Theys, Maria Torres Lacomba Elsevier Masson, (2016).

 

Où trouver ce livre ?

Bibliothèque Santé – Médecine – Salles de lecture – Livre – WB 460 PHY

by caubert1 at June 23, 2016 09:00 AM

INHA

En attendant la salle Labrouste : des bibliothèques généralistes

Institut d'art et d'archéologie, rue Michelet, 75006 Paris. Source : Wikimedia Commons. Licence :  Creative Commons Chers étudiants, chercheurs et professionnels fidèles à la bibliothèque de l'INHA, nous vous proposons sur ce blog une large sélection de bibliothèques et centres de documentation à Paris et en région parisienne en prévision de la fermeture temporaire de la bibliothèque, du 2 septembre à la mi-décembre...

June 23, 2016 07:45 AM

June 22, 2016

ULCO

LexisNexis a fait « peau neuve », la façon de s’y connecter a aussi été modifiée !

Une nouvelle version de la base juridique LexisNexis nommée Lexis 360 a été mise en accès sur le site de la BULCO.

Cette plateforme est enrichie de nouveaux services et propose une recherche plus intuitive grâce à un thésaurus unique, véritable assistant dans votre quête d’information juridique.

Autre nouveauté : les fascicules JurisClasseur sont désormais disponibles en ligne dès leur mise à jour, avant même leur parution « papier ».

Pour accéder au contenu de cette base, il faut maintenant créer un compte en s’enregistrant avec son mail ULCO (les autres messageries ne seront pas reconnues). Ensuite, à chaque connexion sur la plateforme Lexis 360, vous devrez en préambule vous identifier avec votre adresse mail ULCO (cliquer sur se connecter et entrer son adresse mail).

Pas d’identification par mail, pas d’accès au contenu !

Laissez-vous guider par Lexis 360 !

 

 

by Sophie Sueur at June 22, 2016 04:11 PM

Clermond-Ferrand

Collections et innovation : à la croisée des charnières

Invité début juin à contribuer dans une table ronde au congrès de l’association des bibliothécaires de France, qui portait sur le thème de l’innovation, je poste ici le texte de mon intervention, juste assez retouché pour permettre le passage à l’écrit, ce qui me permettra d’archiver le texte1.

Voici le lien vers la prézentation dont je me suis servi. La séance ayant fait l’objet d’une captation vidéo, j’indiquerai aussi le lien dès qu’il sera disponible.

Introduction

Petit préambule, je m’engage solennellement à bannir de mon propos, à tout jamais, les propositions suivantes :

Nous vivons une époque charnière. Nous sommes à la croisée des chemins. Les bibliothèques sont à un tournant. Il faut changer les mentalités.

Pourquoi tant de vindicte contre ces formules qui n’ont d’autre vice qu’une impérissable platitude ? Parce qu’à mon avis elles procèdent d’une perception faussée de la réalité : englués dans notre époque, nous ne voyons pas que l’histoire est une succession ininterrompue de charnières, de carrefours, de tournants et de transitions qui font changer les mentalités. Je propose donc de poser la question dans l’autre sens :

Quelles sont les transitions que nous vivons aujourd’hui ?

J’en vois trois, dont une en particulier qui nous invite à innover. À innover UN PEU, j’y reviendrai en conclusion. Trois faits importants qui nous ont poussés, en BU, à innover du côté des collections. Trois transitions concomitantes, que l’on peut décider de combattre ou d’aider. Trois changements dont un, en particulier, nous pousse à vers des activités nouvelles.

Mais commençons par notre situation de départ. En l’an 2000, dans mon carton, sur son rayon, qu’y met-on ? En simplifié : des collections imprimées, achetées, signalées, exposées. Mais ça, c’était au siècle dernier. Depuis…

De l’imprimé à l’électronique

Depuis, la première transition qui est survenue, c’est la transition entre l’imprimé et l’électronique. Celle-ci est presque derrière nous, maintenant : en 10 ans, nos dépenses électroniques sont devenues écrasantes, nos dépenses imprimées résiduelles. Aujourd’hui, nous achetons presque exclusivement de l’électronique.

Répartition des dépenses documentaires de la BCU entre imprimé et électronique.Répartition des dépenses documentaires de la Bibliothèque Clermont Université entre imprimé et électronique. « Écrasantes », est le mot…

 

 

 

 

 

 

 

Presque. Il faut pondérer de trois nuances :

1°) C’est plus vrai pour les sciences exactes que pour les sciences humaines (et les maths).

Graphique montrant la répartition des dépenses documentaires par disciplinesRépartition des dépenses documentaires 2015 de Clermont par discipline

2°) C’est plus vrai pour les revues que pour les livres.

Graphique montrant la répartition des dépenses documentaire par type de ressourcesRépartition des dépenses documentaire 2015 de Clermont par type de ressources

3°) On n’aboutit pas à un paysage « zéro papier ». Cependant, il est vrai que ce qui entre dans nos collections est, chaque année, de plus en plus électronique et de moins en moins imprimé, et que nous n’avons pas atteint le plancher. Je pense qu’il y en a un, mais nous n’avons pas encore les pieds dessus.

Avons-nous innové ? Oui. L’avons-nous décidé ? Pas vraiment : ce sont nos utilisateurs qui ont innové les premiers : les chercheurs se sont littéralement rués sur la documentation électronique. Il n’était pas concevable de ne pas les suivre. Les BU ont suivi, avec deux conséquences :

    1. Du côté de la technique : nous avons appris à maîtriser les outils numériques, du proxy à l’outil de découverte, en passant par les statistiques.
    2. Du côté de la pratique professionnelle : la négociation, les enjeux économiques de l’édition scientifique, n’ont plus de secret pour nous (cela ne nous rend pas capable de peser dessus, mais c’est une autre histoire !). C’est toute l’histoire du consortium Couperin, avec son engagement de plus en plus professionnel et de plus en plus visible dans les négociations et dans le paysage de l’IST2.

Je ne m’étends pas : chacun a entendu parler, jusqu’à l’épuisement (budgétaire et nerveux), du passage de l’imprimé à l’électronique. Inutile de développer. Transitons donc sans transition de la transition 1 à la transition 2.

Du payant au gratuit

La seconde transition, c’est l’avènement du libre accès (open access). Nos collections sont de plus en plus en libre accès. Ce qui veut dire, soit dit en passant, que ce ne sont plus nos collections…

Pourtant cette transition est d’abord une transition voulue.

  • Par les chercheurs, qui ont vu dans le web un outil de choix pour la grande conversation scientifique, et qui l’ont solennellement proclamé par la déclaration de Berlin.
  • Par les bibliothécaires, plus prosaïquement, parce que les revues en ligne sont hors de prix. Le libre accès, c’était l’espoir : demain, on s’abonne gratis !

    Las… C’est aussi une transition subie, parce que le modèle économique « auteur-payeur », qui prédomine, consolide le pouvoir économique des éditeurs, au moins en science, technologie, médecine. Aucun espoir pour les chercheurs d’assainir le circuit : tant que leur carrière dépend de leur score de publication, ils publieront à n’importe quel prix (pour vous donner une idée : un auteur peut débourser 5000 $ aujourd’hui pour publier un article en OA ; et ce n’est pas le prix maximal). Aucun espoir pour les bibliothécaires de diminuer la facture. Pour l’instant, elle augmente même parce que les auteurs payent pour mettre en libre accès des articles dans des revues dont nous payons les abonnements ! C’est la nasse dorée dont j’ai déjà parlé.

    Quelques modèles intéressants ont quand même vu le jour, où les bibliothèques ont leur rôle à jouer. Par exemple le modèle freemium : les BU s’abonnent à des revues en libre accès, et payent pour des services supplémentaires (téléchargement des PDF, statistiques d’usage). Elles financent ainsi, pour un tarif modique (4000 €/an à Clermont pour revues.org), la publication en libre accès. Le modèle « Knowledge Unlatched », qui propose la libération des contenus par souscription3, fonctionne bien, lui aussi.

Cette seconde transition est en cours, elle vise « l’horizon 2020 ». En 2020 ou un peu plus tard, elle sera achevée. Mais elle ne nous laisse finalement pas beaucoup de marge de manœuvre et d’innovation.

En fait, le véritable enjeu, c’est de comprendre et d’assimiler les deux premières transitions pour se lancer dans la troisième…

De l’acquis au produit

Cette fois il s’agit bien d’innover. La production, c’est une nouvelle branche qui s’élance du tronc des bibliothèques. C’est aussi le défi de la décennie à venir pour les BU, je pense : cette branche, à quoi va-t-elle ressembler, et quelle sera sa vigueur ?

Nous aurons de moins en moins de documentation acquise, d’abord parce qu’elle est de plus en plus chère et que nos moyens s’épuisent, ensuite parce que dans le monde du libre accès, ce sont les auteurs qui vont payer pour publier, et non les lecteurs pour lire. À quoi servirons-nous dans ce paysage recomposé ? À tenir la comptabilité des frais de publications ? Je ne suis pas sûr que nous soyons indispensables, ni très motivés, pour cela. Et même si cette activité entre dans nos fonctions (car on y travaille, tout de même, en essayant de repérer les dépenses auteurs payeurs dans nos universités !), elle n’emploiera guère plus d’un bibliothécaire par établissement…

Alors, à quoi allons-nous bien pouvoir servir ? Eh bien de plus en plus, je crois, aux côtés des chercheurs et des étudiants, à produire de la documentation (pardon) de l’IST. C’est-à-dire à mettre en ligne les documents produits par nos chercheurs, ou même à les aider directement dans le processus de publication.

Cette nouvelle branche d’activités se scinde en trois rameaux4.

  1. Le premier rameau est une vieille branche, si j’ose dire, celle de la bibliothèque numérisée : contribuer à faire naître LA bibliothèque virtuelle universelle, en numérisant et en mettant en ligne nos fonds anciens, nos unica, nos livres rares ; nos fonds locaux à valeur scientifique reconnue ; celles de nos collections qui présentent un intérêt intellectuel particulier. Google peut le faire, nous aussi ! On numérise et on veille au référencement des fonds numérisés dans Gallica, Europeana, etc.

  2. Le second rameau est celui des travaux universitaires : il a commencé avec le signalement et la mise en ligne des thèses, autour de 2010. Aujourd’hui, des dizaines de milliers de thèses soutenues sont en ligne, et ce sont les bibliothécaires qui s’en occupent. les mémoires, les thèses d’exercices sont en train de suivre, cela représentera bientôt, aussi, des centaines de milliers de documents disponibles sur le web. Et l’on peut en faire autant pour les articles : dans les archives ouvertes (HAL et autres) les chercheurs peuvent mettre en ligne des copies en libre accès des articles publiés par les éditeurs. Il s’agit d’archivage et non de publication, mais pour le lecteur, quelle différence ? Il a son article, gratis, sans barrière ! Un peu partout, ce sont les bibliothécaires qui portent les projets d’archives ouvertes.

  3. Le troisième rameau, c’est celui du soutien direct à l’édition. Les bibliothèques peuvent entrer en discussion avec leurs universités pour soutenir la marche vers le libre accès. C’est ce que matérialise à Clermont le pôle d’édition numérique, qui fédère les presses universitaires, la MSH et la BU, pour encourager les projets de revues. Cela nous permet de pousser ensemble des revues vers revues.org, la principale plate-forme de revues en libre accès en sciences humaines (deux revues clermontoises ont migré vers revues.org par le travail commun de la bibliothèque, des presses et de la MSH). Cela nous permet de suivre et d’encourager la naissance de nouveaux modèles d’édition électronique, comme le modèle « Episciences », où l’article est en libre accès de sa soumission à sa publication, puisque la revue est assise sur une archive ouverte, en espérant qu’un jour des revues clermontoises pourront rejoindre ce projet. Cela nous permet de tester des outils, comme le logiciel Open Journals System, qui soutient aujourd’hui, à Clermont, une revue récemment lancée.

Là, c’est de la véritable innovation, avec son côté tâtonnant. Mais il faut le tenter, même à tâtons, parce que l’aide directe à la publication de revues, c’est la possibilité de de contrebalancer la montée du modèle auteur-payeur qui laisse l’édition scientifique prisonnière d’une machine folle.

Je pense que cette troisième transition, de l’acquis au produit, est le domaine par excellence de l’innovation. Et pourtant…

Dans le scriptorium

Deux remarques pour conclure.

1. ma lecture du moment, c’est la théorie de l’évolution relue par Teilhard de Chardin5. Essayons de l’appliquer aux bibliothèques : des mutations sont en train de se produire, des rameaux poussent, mais nous ne savons pas encore lesquelles vont croître, et lesquels dépérir  Pour l’instant, il faut tout essayer, faire pousser tous les rameaux. Le temps se chargera bien d’élaguer (nous vivons une époque charnier).

2. toujours pour rester fidèle au teilhardisme bibliothéconomique  : les branches qui s’élanceront et deviendront prospères, on pourra toujours en retracer et retrouver l’origine, a posteriori, en puissance, dans la bibliothèque de toujours, LA bibliothèque scriptorium : lieu d’édition, de conservation, de circulation et de consultation.

Copiste au travail dans un scriptorium (image tirée d'un manuscrit du 15e siècle)Copiste au travail. Bibl. nat. de France, manuscrit français n°9198, f. 19.

 

Vulgairement parlant, on fait du neuf avec du vieux : pour ce qui est des publications scientifiques, le scientifique Martin-Paul Eve, appelait déjà en 2012 à refonder le modèle des imprimeries universitaires6 ; et sérieusement, quand on numérise un livre pour le mettre en ligne, que fait-on, à part du travail de copiste ?

C’est bien plus qu’une boutade. Je crois beaucoup à l’innovation, au sens où elle représente une démarche expérimentale, risquée, donc courageuse. Mais je suis sûr que quand une innovation réussit, c’est qu’elle nous fait devenir ce que nous sommes.

  1. …et de caser quelques jeux de mots potaches que j’ai sauté en séance pour ne pas dépasser le temps imparti.
  2. Information scientifique et technique : c’est le petit nom de la documentation dans le monde de la recherche, sans doute parce que documentation sonne un peu trop scolaire.
  3. Quand un nombre donné de bibliothèques a acheté un livre, il est « libéré ».
  4. Comment résister à cette métaphore bibliothécologique qui nous tend les bras ?
  5. P. Teilhard de Chardin, Le phénomène humain, Paris, Seuil, 1955. À noter, sa notice dans Wikipedia est gravement incomplète : Teilhard était jésuite, paléontologue ET auvergnat. Si l’une des épithètes vous gêne, dites-vous que nul n’est parfait. Étant personnellement très ouvert, je n’ai rien contre les paléontologues.
  6. Martin-Paul Eve, Tear it down, build it up: the Research Output Team, or the library-aspublisher : « The solution that I propose to this growing crisis for all three stakeholders in the world of scholarly publishing lies in the concept of the Research Output Team (ROT), a fusion of the library and the publisher. In many ways this is a return to the idea of the university press; an in-house facility for publishing work. »

by Olivier Legendre at June 22, 2016 12:31 PM